Home > Meilleurs produits atrabile
atrabile: Meilleurs produits
ATRABILE des morts et des vivants
10.7 EUR
Que donnerait un film de zombies tourné à l'époque du cinéma muet ? C'est bien à cette q uestion que répond Jason dans Des morts et des vivants.Sur le même mode narratif que Dis-moi quelque chose, l'auteur distille une love story désespérée sur fond de morts-vivants mangeurs de chair, le tout traité comme une comédie de Buster Keaton !S'il existait un panthéon dédié aux auteurs de bande dessinée, Jason aurait sans doute droit à une statue en or massif; en attendant cet avènement, vous pouvez toujours lire ses livres.
Atrabile plus ou moins... l'été
17.2 EUR
…où l’on découvrira que plage, soleil et farniente ne sont pas synonymes de bonheur …où l’on observera Josie, sortie de son opération, revenir sur son passé …où l’on compatira avec Marie, tourmentée par sa grossesse …où l’on assistera, impuissant, à une expérience traumatisante vécue par Véra…où l’on rencontrera Tom et ses mains baladeuses, Célestino et ses tatouages, et surtout Léon et son crabe …où l’on s’apercevra que derrière la comédie c’est le drame qui se cache …où l’on confirmera aux lecteurs que Peggy Adam est une auteure avec laquelle il faudra désormais compter.
ATRABILE La ville
30 EUR
La ville, au bord de l'eau, grouille de monde. Dans un club, les gens, plein d'insouciance, s'amusent, boivent, dansent. Un couple s'enlace et s'étreint, la vie semble bien douce.Un premier cadavre est découvert dans l'eau, les orbites vides, le corps décharné, le visage émacié. Puis un deuxième, flottant au large. Un troisième ne tarde pas apparaître, sortant de l'eau, menaçant, claudiquant vers le couple, acculé dans sa luxueuse villa. Puis d'autres émergent. Et d'autres encore.Créatures infectées ou macchabées revenus du monde des morts, de plus en plus nombreux, ils vont néanmoins trouvés leur place dans l'énorme cité, mais tout en bas, à la marge. Parqués, surveillés par des drones, victimes de ratonnades, les créatures sont néanmoins capables de solidarité; et quand la colère gronde, que la révolte s'organise, et que les grandes tours se mettent à flamber, c'est que l'heure de la vengeance a sonné.Dans La Ville, Nicolas Presl plonge dans le récit de genre, et renoue avec la vision éminemment politique du mort-vivant si chère à feu George A. Romero. La métaphore, limpide, nous fait regarder du côté des déclassés de ce monde et des réfugiés victimes des hommes et des vagues sans âme; le récit, lui, est mené tambour battant, sans temps morts, et fait de ce nouvel ouvrage un véritable page turner, terrifiant et haletant de bout en bout.C'est un artiste au sommet de son art que révèle La Ville, un livre rempli d'images puissantes et à la narration virtuose.
Atrabile Château de sable
21 EUR
Sur une plage, le destin de 13 personnages va se retrouver bouleversé par un événement inconcevable, un basculement de la réalité qui va plonger cette petite troupe dans un abîme de questionnements. Face à cet événement fantastique, les protagonistes de Château de sable vont d'abord traverser une phase bien humaine de dénégation tendue et conflictuelle, puis viendra la période de l'acceptation, quand les masques seront tombés et qu'il faudra bien composer avec la nouvelle donne, car le temps est compté... Face à un destin qui s'échappe inexorablement comme une poignée de sable entre les doigts, chacun réagira à sa manière - mais comment et que faire quand un coucher de soleil peut être synonyme de fin? Récit complet et complexe, où la situation est plus importante que l'explication, Château de sable balance tout au long de ses cent pages entre noirceur et humanisme, pour former à l'arrivée un conte moderne, cruel et passionnant.
ATRABILE quitter la ville tome 1
23.3 EUR
Dans ce premier tome de Quitter la ville, Kim Su-bak devient Chamallow pour mieux revenir sur un moment de vie, entre été et hiver. Page après page, il nous invite dans le récit de son errance, dans cette société qui lais se bien peu de marche de manoeuvre à une jeunesse qui éprouverait le désir de se chercher, avant de se lancer à corps perdu dans le monde du travail et une incontournable vie de couple. Dans cette culture de la réussite, on aperçoit vite les premières failles, celles sur le dos des buildings aperçus de la voie de chemin de fer, celles dans l'entourage de Chamallow, entre drames familiaux, alcool et jeu d'argent. Comment se débattre entre ces deux lignes de conduite?? Comment se débattre à Séoul?? Faut-il, comme son ami Chilchil, quitter la ville. Ou rejoindre les nogada, cette famille pleine de secrets qui, pour quelques wons et un bol de nouilles, usent leurs mains aux durs labeurs. Le temps d'un voyage jusqu'à Dabudong, Chamallow laisse libre cours à ses pensées. Comme dans une séance d'association libre, un fil se trace entre les souvenirs, récents ou vagues, les vieux amis, les premiers amours, les nouvelles r encontres, les gens que l'on croise un jour, par hasard, dans un train. Se dessine une véritable interrogation du quotidien pour mieux interroger la vie.
ATRABILE Je suis au pays avec ma mère
21 EUR
C'est dans le cadre d'une psychothérapie qu'Irene de Santa Ana a rencontré Cédric. Cédric, jeune requérant, sort de plusieurs mois d'errance, dormant dans des parcs après avoir essuyé un premier refus à sa demande d'asile. Le statut de débouté prive Cédric de bien des droits accordés aux êtres humains, et le plonge dans d'épaisses limbes administratives, mais également existentielles.Au pays, plus rien ne l'attend; en Suisse, l'espoir de pouvoir rester est plus que ténu. De cette psychothérapie, Irene de Santa Ana va faire un article, et c'est de cet article qu'Isabelle Pralong s'est emparée pour Je suis au pays avec ma mère.Isabelle Pralong s'est intéressée plus particulièrement aux rêves de Cédric, qu'elle met ainsi en image. Le texte de l'article, complètement repensé et réécrit par Irene de la Santa Ana, vient ici introduire, commenter voire compléter les pages dessinées. Eminemment métaphorique, porteuse de sens, cette matière onirique rend compte à sa façon de l'état psychologique dans lequel doit évoluer et (sur)vivre Cédric, la complexité de son ressenti, de ses sentiments.Livre singulier dans une bibliographie singulière, Je suis au pays avec ma mère s'immisce dans des territoires politiques et sociaux sans une once de misérabilisme, et tente d'aborder autrement une question de société toujours irrésolue.
ATRABILE promenade(s)
16.2 EUR
Recueil de certaines «Promenade» parues dans des numéros épars de Bile Noire, «Promenade(s)» les présentent ici dans des versions entièrement redessinées, le tout augmenté par une majorité de pages inédites. Entre une visite chez sa mère et une autre chez son pater, une étrange discussion avec un pingouin hybride et des souvenirs de cuite homériques, Wazem trace le portrait de ce «p'tit personnage au nez pointu» et de son entourage, et nous propose ainsi son oeuvre la plus «personnelle». Plusieurs petits épisodes qui forment à l'arrivée une longue promenade introspective dans la vie de l'auteur, un voyage intimiste baigné d'humour et de poésie, «un itinéraire nonchalant et hasardeux avec un fil conducteur tout simple comme une légère ossature».
ATRABILE En coulisse
13 EUR
De Lausanne à Venise, en passant par Delémont, Lucerne et Soleure, Pierre Wazem a rendu visite aux différents festivals qui se déroulent dans ces villes et en a ramené toute une série de strips réalisés in situ, des strips qu'Atrabile recueille aujourd'hui dans un format à l'italienne.Agissant comme un envoyé spécial sur place, mais jamais vraiment au bon endroit, avec un intérêt changeant, un regard piquant et une belle propension au mauvais esprit, Wazem s'intéresse à tout et aussi n'importe quoi, digresse, fabule, et révèle à l'occasion certains des secrets les mieux gardés des coulisses des festivals. Interrompu dans ses pérégrinations par vous-devinez-quoi, Wazem nous gratifie aussi d'un «intermède covid», puisque l'auteur a souffert de la maladie dans sa version longue et résurgeante - ce qui ne l'a pas empêché de garder son sens de l'humour.Au menu de En Coulisse donc, des révélations fracassantes, des caméos en veux-tu en voilà, quelques situations scabreuses, un peu d'ironie, une pointe d'absurde, et un humour tout simplement irrésistible.
ATRABILE Mauk
24 EUR
Rita doit bien se rendre à l'évidence : il y a déjà quelqu'un dans ce T1. Les signes sont là, la présence de la «chose» est indéniable, il faut mettre de côté sa raison, et accepter l'existence du plus étrange des ce co-loc: Mauk! Pourtant Mauk n'est pas facile à trouver, sa forme incertaine, sa faculté à se cacher, son mutisme en font - dans un premier temps en tout cas - une créature plutôt discrète. Puis Mauk se met à parler, et à discuter même... Entre le parasite récalcitrant et la jeune architecte, la relation évoluera lentement mais sûrement, de houleuse à plus complice, quand ils se rendront compte de ce qui les lie plutôt que camper sur ce qui les sépare.Avec un sens du rythme et de la narration indéniable, un graphisme tout en rondeur et des couleurs acidulées, Louise Aleksiejew nous offre ici une comédie douce-amère en forme de réflexion sur la solitude et l'amitié, mais aussi sur la puissance de nos rêves - ceux qui hantent nos nuits mais aussi ceux qui nous guident et nous font avancer loin des compromissions et aux plus proches de nos vraies aspirations.
ATRABILE Douce nuit
11 EUR
La mort, un moment difficile qui n'arrive qu'une fois dans la vie. Sauf pour Benny. Et donc : Benny est mort. Quelle déception. Benny est hyper déçu par la mort : comment aurait-il pu imaginer que la mort, c'était un truc aussi nul ? En attendant le tunnel - celui avec la lumière au bout - Benny entend des voix, car on discute au-dessus de sa tombe. Benny est désormais une icône de la révolution - mais qu'est-ce qu'une révolution, quand elle devient un argument commercial, ou le sujet d'un blockbuster ? Et peut-on attaquer le système depuis l'intérieur ? se demande un étrange trio en conciliabule dans le cimetière.En parallèle, on suit Morgane Néville, l'écrivaine de science-fiction (et avatar de l'auteur ? ), qui poursuit un Benny apparemment toujours bien vivant... Benny, c'est le jouet le plus fou que s'offre ponctuellement Baladi, ce grand bidouilleur de forme, qui trouve dans ce personnage un peu pathétique un magnifique vaisseau pour aborder bien des sujets. Ici : la page blanche, la culture populaire, la récupération des idéaux, et bien d'autres choses, dont, encore et toujours, la quête de l'amour.Le monde se divise en deux : ceux qui lisent Benny, et ceux qui ne le lisent pas ; ceux qui savent, et les autres... les pauvres ! Bah, tant pis pour eux...
Atrabile le roi des fleuves
16.2 EUR
Le Roi des Fleuves nous emmène trente ans en arrière, dans une campagne italienne comme remodelée par le débordement d'une rivière. Dans ce paysage de fin du monde, un enfant, Bruno, va découvrir un crâne, relique mystérieuse polie par le temps. Cette trouvaille macabre va agir comme un déclencheur sur l'imaginaire du jeune narrateur, mélangeant alors dans son récit rêve et réalité, monstres de légende et anecdotes quotidiennes. Le premier ouvrage de Marino Neri, porté par le fort pouvoir évocateur de son dessin au pinceau, convoque les caractéristiques les plus troublantes et les plus paradoxales du monde de l'enfance : un émerveillement infini pour toute chose, mêlé d'une propension à la cruauté et d'une attirance viscérale pour la noirceur.Né en 1979, Marino Neri a été récompensé par le prix Fumetto de Lucerne en 2006 et le prix Komikazen en 2007.
Atrabile la gröcha
20 EUR
Dans un futur proche, quelque part en Suisse. Une maladie décime l'homme inexorablement. D'abord des taches apparaissent, et puis bientôt, sans espoir de guérison, c'est la fin. Les villes sont quadrillées, les sorties et déplacements réglementés. Suite à un drame encore frais, Marc, pour fuir un quotidien étouffant, décide de partir à la montagne, dans le vain espoir d'y trouver un peu de tranquillité, pour faire le point. Il sera vite rejoint, contre sa volonté, par Emma, avec laquelle il partage un lourd secret. Et c'est là, en haut des cimes, au milieu des arbres et d'une nature préservée mais de plus en plus inquiétante, que la vérité, sordide, va éclater.
ATRABILE Dressing
21 EUR
On aurait sans doute tort de considérer Michael DeForge comme un dessinateur purement de voué au bizarre, un obsédé du glauque et un apôtre du malsain. Certes certes certes, le prodige canadien s'aventure souvent dans des recoins bien sombres, et n'a pas peur de jouer avec les aspects les plus monstrueux de l'être humain ; mais ce qui fait que le travail de DeForge est parfois dérangeant tient moins d'une volonté superficielle de se complaire dans le "trash" que d'une certaine faculté à toucher là où ça fait mal, la ou gît une vérité peu agréable a entendre.Cette vision du monde, parfois peu amène, parvient au lecteur dans une forme sans cesse renouvelée, le trait s'adaptant au sujet et aux ambitions de chaque histoire. DeForge n'est pourtant pas qu'un pur formaliste, et il faut souligner son travail sur la narration, son vrai talent d'écriture et son attachement aux mots. Toutes ces qualités, on les retrouve dans Dressing. A l'image de certains écrivains orfèvres de la nouvelle plutôt que du roman fleuve, DeForge excelle dans les histoires dites courtes, des récits de quelques pages aux situations souvent kafkaîennes, traversées de personnages victimes des circonstances, ignorant jusqu'au bout le pourquoi de leur destin ; des histoires courtes aux décors changeant - Mars, le Po le Nord, une chambre d'hôtel, l'intérieur d'une tête, une jungle emplie d'animaux armes - mais qui disent bien plus qu'il n'y pourrait paraître toutes les blessures et les perversions de âme humaine.
ATRABILE Kilmotor
32 EUR
Après s'être tenu (un peu trop) loin de la bande dessinée pendant des années, Helge Reumann aligne désormais les livres chez Atrabile avec une régularité remarquable : Black Medicine Book en 2017, SUV en 2019, Totale Résistance en 2021, et voilà que débarque comme un boulet de canon fourré à l'acide son nouveau livre, Kilmotor.Dans ses livres comme dans d'autres médiums (peintures, installations), H. Reumann a bâti avec une belle constance une oeuvre d'une grande cohérence, noire, violente, mais pas exempte d'humour, présentant un monde peuplé de créatures dégoulinantes, de bandes rivales adeptes de la baston, de gnomes mystérieux et autres visions de cauchemars, mais toujours exécuté avec la plus grande rigueur.Kilmotor, son nouveau livre, est un peu la somme de son travail et de son univers, un ouvrage de bande dessinée également parsemé de peinture et d'illustrations, un livre traversé d'hallucinations folles et marquantes, et qui cite aussi bien Carl Barks que Max Weber !
Atrabile La tête sur mes épaules
27 EUR
Martha habite une grande maison où les têtes se détachent des corps et s'y replacent sans peine. Elle y vit avec sept autres enfants et des adultes immenses, dont l'attention vient rarement se mettre à hauteur d'enfant. Il n'y a que celle qu'on surnomme «la grosse tête» qui semble disponible pour jouer. Les enfants l'adorent, la grosse tête les fascine, même s'il lui arrive d'être effrayante et d'avoir des comportements étranges. Une nuit, le comportement de la grosse tête dépasse l'entendement : elle écrabouille Martha et la laisse dans une grande confusion. Coûte que coûte, Martha prend sur elle et se retrouve prisonnière d'une histoire qui loin de s'estomper avec le temps, va la couper d'elle et des autres et l'empêcher de grandir. Mais comment ne pas perdre la tête quand encore enfant, on se retrouve dépossédé de son corps ? Dans un univers narratif et graphique où l'onirisme se mêle au quotidien et où le dedans semble avoir absorbé le dehors, La tête sur mes épaules met en scène le rapport d'un groupe d'enfants laissés entre eux, à un monde d'adulte qui leur échappe et dont ils cherchent la reconnaissance. Se précisent peu à peu les figures de l'adulte-prédateur et de l'enfant-proie.D'une extrême finesse dans sa réalisation comme dans son écriture, La tête sur mes épaules décrypte, avec subtilité et intelligence, les mécanismes de l'emprise comme la difficulté à sortir du silence.Bénédicte Muller est une dessinatrice et illustratrice issue de la HEAR; on lui doit déjà La Minuscule Maman qu'elle a fait paraître en 2019 aux éditions Magnani. La tête sur mes épaules est sa première bande dessinée.
ATRABILE le meilleur de la Bible ; le Roi Saül
11.2 EUR
On commence à le savoir : Ibn Al Rabin est un petit mariole. Qui plus est, il n’a peur de rien - on se souvient pour preuve de L’autre fin du monde, ouvrage qui avait fait son petit effet il n’y a pas si longtemps. Voilà donc le nouveau projet d’Ibn Al Rabin : des adaptations en bande dessinée de certains passages de la Bible ( sic ), dans lequel on trouvera le texte « original » mis en valeur par le trait incomparable de l’auteur et une mise en couleur qui va en laisser plus d’un sur le carreau. Cette « série » comportera un certain nombre de volumes, d’ailleurs deux autres adaptations sont d’ores et déjà terminées. Ces petits livres hautement indispensables nous vaudront-ils d’être excommuniés ?On l’espère bien…
Atrabile Lettres d'amour infinies
27.5 EUR
Attention : un livre peut en cacher mille autres !Lettres d'amours infinies, le nouveau livre de Thomas Gosselin, se compose de plusieurs lettres et histoires d'amour, autant de pistes et de récits laissés en suspens, inachevés et donc « infinis ». A travers une narration qui fait la part belle à la forme épistolaire, le livre nous entraîne dans un labyrinthe d'aventures à tiroirs, rempli de divagations sur des univers parallèles et des enquêtes fractales, où se bousculent et se chassent exotisme et quête d'exil, animaux artificiels, centre de tri postal, le tout enchâssé par des forces (orages, frustrations), traversé de motifs (feuillages, cachemire) et d'objets (cicatrices, amphores), dans un jaillissement ininterrompu d'idées, de concepts et de couleurs. De bout en bout, Lettres d'amours infinies offre une lecture aussi déstabilisante qu'excitante, un tour de force narratif bluffant sans réel équivalent - bien que l'on pourrait, sans doute, y trouver des échos à des oeuvres comme Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino, Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki ou Les Mille et Une Nuits. Derrière tout ça se cache ce que l'auteur appelle « l'ivresse des débuts incertains », cette ivresse qui nous envahit lors des premiers pas dans une histoire - et que l'on cherche à retenir par des jeux gigognes de tiroirs dans des tiroirs, mais des tiroirs qui, activement incomplets, peuvent être remplis et poursuivis à volonté.
ATRABILE Éveils
21 EUR
Grandir. Se confronter aux autres, faire face aux premières déconvenues, au regard de l'autre, aux attentes du monde. Et puis faire des découvertes. Comprendre, se révéler à soi, aux autres. Se construire. A travers des bribes de sa vie et de son parcours, Juliette Mancini se raconte, elle, mais aussi le monde dans lequel elle a grandi. La légende viriliste du grand-père qui a fait la guerre ; les premiers clichés sexistes (la force des garçons, la grâce des filles) ; la première main aux fesses dans la foule, la peur et la honte qui surgissent, mais aussi la découverte qu'on peut être désirable.En choisissant ces moments marquants, où en tout cas significatifs de sa vie et de son parcours, en les déconstruisant avec la plus grande acuité, Juliette Mancini réussit une prouesse trop rare, celle de transformer le particulier en universel. Avec pudeur, délicatesse, intelligence, et juste ce qu'il faut de mise à distance, elle nous promène ainsi de l'enfance à l'âge adulte, de l'acceptation de fausses évidences au déboulonnage des mythes, pour mieux décortiquer les injonctions d'une société si prompte à nous assigner des rôles.Son précédent livre, De la Chevalerie, s'intéressait déjà aux mécanismes de la domination, et, sans manichéisme, relevait avec justesse la complexité de ces mécanismes, refusant la (trop) simple dualité dominant-dominé. C'est la même finesse d'analyse qui est à l'oeuvre ici, en démontrant, par exemple, comment le regard de l'autre peut avoir quelque chose de tour à tour flatteur, inquisiteur ou avilissant.Elle nous rappelle aussi à quel point les paradoxes et les contradictions semblent être le propre de l'être humain ; mais aussi, sans doute, ce qui en fait sa richesse. Avec Eveils, Juliette Mancini signe une oeuvre forte, un livre ouvertement politique, qui, bien plus que d'asséner des vérités toutes faites, invite à la réflexion. Une grande réussite.
ATRABILE Un visage familier
20 EUR
« Chaque année, nos corps étaient un peu plus optimisés. Mais optimisés comment? Il était impossible de le dire. Nos villes aussi avaient été optimisées, au point de se muer en machines minutieusement réglées et diablement efficaces. Mais efficaces comment? ».Marchant sur les traces d'un Georges Orwell ou d'un Aldous Huxley, Michael DeForge décrit dans Un Visage familier une dystopie inquiétante, un monde futuriste où règne une forme de dictature de la technologie. Dans ce monde, les routes, les villes, mais également leurs habitants, sont régulièrement «updatés»; d'un jour à l'autre les immeubles changent de forme et place, les chemins ne mènent plus aux mêmes destinations, et les êtres humains se réveillent avec des visages différents, des côtes en moins ou des jambes en plus. Le livre suit plus particulièrement une employée du gouvernement (et narratrice du livre), qui travaille au département des plaintes; son rôle se résume à les lire, n'y apportant ni réponse, ni solution, comme si le simple fait de fixer un écran signifiait que «quelqu'un s'en occupe». Le lendemain d'une optimisation, la compagne de l'employée disparaît sans laisser de trace - est-elle partie volontairement, ou a-t-elle été victime d'une optimisation? A la recherche d'un signe, dans une étrange ambiance de paranoïa, ce que découvre la narratrice, c'est que quelque part, il y a encore un peu de colère, d'indignation dans ce monde sans âme, et que la résistance s'organise...Michael DeForge excelle dans la description d'univers à la logique interne déroutante, et sa représentation d'une société outrageusement efficace, déshumanisée, fait froid dans le dos autant qu'elle stimule l'esprit, comme une mise en garde dénuée de moralisme. Le trait organique de DeForge, sa palette de couleurs acidulée et son étrange sens de l'humour viennent parfaire ce récit qui navigue entre pure science-fiction et pamphlet politique. La liberté avec laquelle l'auteur canadien aborde le dessin ne doit tromper personne : DeForge est un narrateur hors pair, et sans doute une des meilleures choses qui soient arrivées à la bande dessinée durant cette dernière décennie.Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule: Atrabile réédite également ce mois Big Kids qui était épuisé depuis trop longtemps.
ATRABILE Ô Joséphine !
24 EUR
L'histoire d'amour passionnée entre Napoléon et Josephine - Josephine Baker, donc ; un portrait de l'auteur en marcheur de fond sur les routes d'Irlande ; un "polar" intimiste tout en déconstruction ; une biographie de Leonard Cohen pour le moins fantasque : voilà de quoi est composé le nouveau livre de Jason, que les éditions Atrabile sont heureuses de voir revenir en son giron. On retrouve ici tout ce qui fait le charme de cet auteur unique : un art de la narration consommé, un humour pince-sans-rire dévastateur, des personnages au regard vide qui semblent perpétuellement consommés par une profonde mélancolie...Pas loin de vingt ans (sic) après la publication de son premier livre, Attends... , Jason reste un auteur insaisissable, entièrement dévoué à son art, faisant fi des modes et des tendances, pour offrir, inlassablement, des oeuvres toujours passionnantes et reconnaissables au premier coup d'oeil.
ATRABILE Jouer au loup
28 EUR
Sur 264 pages, Jouer au loup présente une quinzaine d'histoires piochées dans la mythique revue Garo, mais aussi des pages et illustrations complètement inédites, ce qui fait de ce nouveau recueil, trois ans après L'Envol, un véritable événement éditorial. Souvent présentée comme la première femme à avoir publié dans Garo, Kuniko Tsurita (décédée prématurément à l'âge de 37 ans) a sans doute souffert de ce statut de « femme dans un monde d'homme », et une partie non négligeable de son oeuvre est donc restée dans les tiroirs - une oeuvre soigneusement conservée par son veuf, Naoyuki Takahashi, qui nous a aimablement permis d'y avoir accès. Dessinées entre 1968 à 1981, les histoires qui composent Jouer au loup montrent à nouveau toute l'étendue du talent de l'autrice et ses intérêts changeants : récits aux accents politiques et contestataires, fable animalière, trip ésotérique ou encore autobiographie, toutes ces pages dessinent aussi en creux le portrait d'une femme singulière, passionnée, et complètement dévouée à son art.
ATRABILE par-delà la vallée de Richard
31 EUR
Lyle, Neville, Ellie Ecureuil et Omar l'araignée ont désobéi à Richard et le verdict est sans appel: ils doivent quitter la vallée, sans espoir de retour. En quittant la vallée de Richard et en se dirigeant vers la ville, le petit groupe va faire moult rencontres - bonnes comme mauvaises - alors qu'en parallèle le lecteur en apprendra un peu plus sur le charismatique mais despotique Richard.Sur près de 480 pages, Michael DeForge décrit une étrange odyssée à hauteur d'animaux, et par là même dynamite la bande dessinée animalière. Construit partiellement comme une enquête autour du mystérieux Richard, Par-delà la vallée de Richard décortique et met en lumière, non sans humour, les mécanismes sectaires qui mènent à la manipulation mentale, à l'asservissement et à la perte de liberté. Mais DeForge ne s'arrête pas là, et en confrontant les animaux à la ville, il dresse le portrait des grands centres urbains d'aujourd'hui (et plus particulièrement de Toronto, la ville dans laquelle il vit toujours aujourd'hui) : disparition des commerces de proximité et des lieux culturels, transformation et déshumanisation des quartiers, gentrification galopante, etc.Livre après livre, Michael DeForge construit une oeuvre parmi les plus intrigantes, surprenantes et originales de la bande dessinée contemporaine.
ATRABILE lentement aplati par la consternation
16 EUR
Indéniable constante de l'histoire des civilisations, l'impérieuse nécessité de vouloir coucher avec tout le monde s'exprime de nos jours volontiers dans les bars.C'est donc au bar que nous retrouverons les protagonistes de cette histoire muette (mais pas sans phylactère), chacun développant des stratégies (dont la subtilité va s'étiolant à mesure des consommations) pour parvenir à ses fins.Force insultes abondamment imagées seront échangées dans ce récit dense où l'utilisation d'un système élaboré de bulles et cases permettent à divers niveaux de pensée de coexister tant bien que mal. Le tout à l'acrylique sur toile de grands formats. Pourquoi peindre sur des vieilles toiles de tente ? Parce qu'elles étaient là...Décidément, Ibn Al Rabin n'est pas n'importe qui. Après un livre de plus de 1000 pages, voilà donc un livre de 24 pages. Mais en très grand format ! Et proche dans l'idée de sa patte de mouche Splendeurs et Misères du verbe. Mais en beaucoup plus dense. Et en couleurs. Et en très grand format.
ATRABILE ficus
9.1 EUR
Un récit intimiste composé de petits riens, de non-dits, des doutes et des interrogations qui forment la vie de tous les jours, le tout éclairé par le style cubisto-naïf si caractéristique d’Isabelle Pralong. Grâce à un texte et des réparties qui font souvent mouche, l’auteure décortique les moments les plus banals de notre existence pour en faire ressortir l’angoisse d’un quotidien inéluctable.
ATRABILE Naturellement
33 EUR
Les médias en font leurs choux gras: un mystérieux virus informatique, défiant toute logique, se transmettrait aux humains avec un résultat aussi morbide qu'ahurissant. Pourtant la vie continue, et si le virus questionne, ils n'empêchent pas une certaine communauté d'avancer - cette communauté, que Yannis La Macchia scrute à la loupe dans Naturellement, tente de s'organiser le plus horizontalement possible, et malgré le côté pour le moins disparate de ses membres, malgré les tensions, les dissensions et les incompréhensions, essaye d'oeuvrer en accord avec ses principes et son éthique.On connaît depuis Des Bâtisseurs l'intérêt que porte Yannis La Macchia à une certaine forme de mécanisme social, celle qui régit les groupes, qui définit le vivre ensemble. Dans Naturellement, ce que semble questionner plus spécifiquement l'auteur, c'est la portée de l'idéologie mais surtout ses limites, et comment il faut savoir composer avec des petites trahisons, et jongler avec les paradoxes. C'est aussi le rapport entre l'humain et la nature qu'explore l'auteur ici, un rapport ambivalent, ambigu, nourrit tantôt par des fantasmes, tantôt par une réalité dénuée de morale.Naturellement bénéficiera d'une double sortie: une version papier chez Atrabile et une version numérique chez RVB mais attention! les deux éditions seront évidemment proches mais pas identiques, certains événements apparaissant dans une mouture et pas dans l'autre (et vice versa), et le format ainsi que la mise en page étant complètement pensés et travaillés pour chaque support.
ATRABILE Priape
25 EUR
C'est en 2006 que paraît le premier livre de Nicolas Presl, Priape. Onze ans et sept livres plus tard, Nicolas Presl est devenu un des auteurs les plus emblématiques et les plus productifs du catalogue atrabilaire. Atrabile ne pouvait décemment laisser disparaître ce livre et propose donc aujourd'hui une nouvelle édition de Priape avec une nouvelle couverture et une préface de Vivien Bessières, maître de conférences en littérature à l'université de Limoges. Le nom de Priape évoque avant tout le dieu romain de la fécondité et de la virilité physique. Ici, c'est d'un homme dont il s'agit et d'un cadeau empoisonné que la nature lui a offert et qui fera de lui un être à part. Nicolas Presl, dans ce contre cruel et parfois dérangeant, nous emmène dans l'Antiquité, sur les pas d'un jeune homme en quête de sa propre identité...
Atrabile Chöd #0
18 EUR
«Le Chod (ti. w. gcod) (littéralement « couper au travers ») est une pratique rituelle appartenant au Shee Ché (ti.: , w. : Zhi-byed « apaisement de la souffrance »), une lignée du bouddhisme tibétain. C'est une méthode pour couper au travers des obstacles (c'est-à-dire l'ignorance, la colère, et en particulier le dualisme, surtout le dualisme du sens de soi comme différent des autres) et permet au pratiquant de demeurer dans un état naturel libéré de la crainte», nous apprend Wikipédia, qui ajoute «Le Chod est en effet traditionnellement considéré comme dangereux et les débutants doivent être guidés.» C'est sûr qu'il émane quelque chose d'éminemment dangereux des bandes de Helge Reumann, comme si une menace sourde pesait sur chacune de ses pages, comme si, à chaque instant, tout pouvait basculer dans la violence la plus extrême ou la folie la plus intense. Dans un gaufrier strict de six cases et porté par une ligne précise et tranchante, comme une version pervertie de la sacro-sainte ligne claire, H. Reumann nous emmène dans un monde peuplé d'ectoplasmes inquiétants, de gnomes fumeurs, de créatures dégoulinantes et autres manifestations d'une magie ni blanche ni noire, ou d'un culte aux velléités absconses. Pour l'occasion, Reumann s'est réapproprié l'objet « comics » - pagination courte et agrafes - mais en grand format et tout en couleurs, dans le but affiché de créer avec Chod une série qui n'en sera pas vraiment une, un véhicule qui présentera dans le futur des récits en bande dessinée, des illustrations, mais aussi des objets et autre installations.
Atrabile mauvais chemin
16.7 EUR
On retrouve dans Mauvais Chemin tous les éléments du Frankenstein de Mary Shelley tel qu’immortalisé au cinéma par James Whale dans son Frankenstein et sa suite, La Fiancée de Frankenstein. Un serviteur bossu, un savant qui se prend pour Dieu, des monstres pathétiques, une foule armée de torches et de fourches, mais tout ça passé à la moulinette par Jason. Ni un simple hommage ni une énième parodie, Mauvais Chemin est avant tout une oeuvre singulière sur la solitude et la recherche de l’être aimé, et où sont présents les éléments fondateurs du travail de Jason : un humour ravageur, un doux sentiment de mélancolie enivrant et un art de l’ellipse tout simplement époustouflant.
ATRABILE La jungle
30 EUR
Des explosions ravagent la ville. Alors que les immeubles s'effondrent, un combattant fuit. L'homme se débarrasse de son arme, on le devine fatigué, on verra bientôt qu'il est hanté par la mort. Alors qu'un vaisseau traverse le ciel, l'homme trace son chemin dans la foule. Fuir, encore plus loin, quitte à changer de vie, de pays. Quitte à traiter avec des passeurs, à embarquer dans une chaloupe vétuste avec d'autres fuyards, guidés par l'espoir. Commence alors une épopée noire emplie d'embûches et de défis, dans un récit qui mélange habilement (science) fiction et actualité.Si dès ses prémices, La Jungle vous saisit à la gorge pour ne plus vous lâcher durant ces trois cent vingt-huit pages, c'est que son auteur a atteint une maîtrise narrative qui transforme son nouveau livre en un véritable « page turner » peuplé de rebondissements et de visions hallucinées, des images qui continueront à accompagner le lecteur une fois le livre terminé - à l'image de son héros, poursuivi par ses propres fantômes.C'est un récit dur et en même temps incroyablement beau que nous offre ici Nicolas Presl, un récit où souffle le grand vent de l'aventure tout en portant un regard pour le moins désenchanté sur un monde en totale perdition.
ATRABILE Emkla
29 EUR
La jeune femme, à l'ombre des arbres et à l'écart du village, semble pensive ; elle ressasse, habitée par une envie de partir, de découvrir le monde, au-delà de la forêt et des montages environnantes. C'est la peur qui empêche les villageois d'explorer la forêt et de s'immiscer dans le monde sauvage, la peur d'Emkla, divinité vengeresse dont les lois régissent, entre autres choses, les rapports entre humains et non-humains. Alors, quand la loi n'est pas respectée, c'est mille fléaux qui s'abattent sur le petit village. Plutôt que vivre comme une insurgée dans ce village devenu cauchemar, la jeune femme décide de tout quitter et de partir loin, par-delà les grandes roches, à la recherche de la vérité.Emkla est un conte amoral et sombre, un récit d'aventure haletant qui explore les relations entre humains et nature, et questionne les traditions et idéologies qui nous enferment et nous soumettent plus qu'elles nous éclairent et nous libèrent. On connaît le talent versatile de Peggy Adam, qui, de livre en livre, aime à jongler avec les thèmes et les approches graphiques ; dans Emkla, comme mue par une envie de se réinventer, elle livre sans doute ses plus belles pages, tout en aquarelle, pour mieux nous décrire la cruelle beauté de la nature, et l'éphémère folie de l'être humain.
ATRABILE angle mort
13.2 EUR
Benny, petit bonhomme gauche à la silhouette suggestive, erre dans la ville en se demandant de quoi se sustenter. Mais c'est bien l a recherche de l'être aimé qui occupe ses pensées... Empli d'amour jusqu'à en déborder, Benny souhaiterait tellement trouver l'âme soeur. Cette quête sentimentale l'a mènera à faire de bien étranges rencontres et le plongera dans des situations parfois extrêmes... Mais l'amour n'est bien évidemment pas toujours là où on le croit...C'est un Baladi plus libre que jamais que l'on retrouve ici, dans un récit surprenant qui ne part dans tous les sens que pour mieux retomber sur ses pattes. Une oeuvre phare dans une bibliographie pour le moi ns fournie.
Atrabile le meilleur de la bible ; le crime de guivéa
9.1 EUR
On commence à le savoir: Ibn Al Rabin est un petit mariole. Qui plus est, il n'a peur de rien - on se souvient pour preuve de L'autre fin du monde, ouvrage qui avait fait son petit effet il n'y a pas si longtemps (et dont le premier tirage, certes modeste, ne devrait pas tarder à être épuisé, qui l'eut crû ?). Voilà donc le nouveau projet d'Ibn Al Rabin: des adaptations en bande dessinée de certains passages de la Bible (sic), dans lesquelles on trouvera le texte «original» mis en valeur par le trait incomparable de l'auteur et une mise en couleur qui va en laisser plus d'un sur le carreau. Cette «série» comportera un certain nombre de volumes, d'ailleurs deux autres adaptations sont d'ores et déjà terminées. Ces petits livres hautement indispensables nous vaudront-ils d'être excommuniés ? On l'espère bien...
ATRABILE la saison des billes
24 EUR
Bien plus qu'un trip nostalgique façon c'était mieux avant, Gilbert Hernandez se replonge dans ces années qui l'ont vu grandir et l'ont marqué à jamais, les an-nées 60. L'auteur délaisse alors les personnages de Palomar pour un récit partiel-lement autobiographique, où des enfants se croisent et s'amusent, se battent et tombent amoureux, exposent avec le plus grand sérieux leur passion pour la bande dessinée et les séries télé. Gilbert Hernandez nous offre une galerie de personnages aussi attachants que surprenants, de Lana le garçon manqué à Lucio l'hystérique, en passant par Suzy la mangeuse de billes et Huey le collectionneur compulsif de comics. Mais le vrai "héros" de ce livre est peut-être cette culture typiquement américaine, faite de comics de super-héros, de séries B et de cartes à collectionner, toutes ces influences qui ont nourri l'imaginaire du jeune Gilbert, et auxquelles il rend hommage dans cette Saison des Billes. Et si cette oeuvre est clairement redevable à une certaine époque, elle touche pourtant à l'intemporel, quand les dilemmes des enfants d'hier et d'aujourd'hui résonnent à l'unisson, quand la naïveté de l'enfance se confronte avec l'âpreté de l'âge adulte. C'est donc un livre généreux, drôle et touchant que nous offre ici le génial co-créateur de Love & Rockets, et sans aucun doute l'un de ses meilleurs.
ATRABILE Robinson suisse
25.5 EUR
Baladi découvre tout d'abord les Robinsons suisses sous forme de série télé durant les années 70, puis tombe par hasard bien des années plus tard sur le roman à la base de la série, roman écrit en allemand par un écrivain bernois, et datant du début du 19e siècle. C'est en jouant avec l'idée d'adapter ce livre (qu'il n'a toujours pas lu!) qu'il déniche alors la traduction qu'en a fait la Baronne de Montolieu. Mais la Baronne de Montolieu ne s'est pas contentée de traduire le livre, elle en a changé certains passages jugés trop moralisateurs, et a même écrit des chapitres supplémentaires au roman. Baladi va donc décider de s'atteler à une adaptation, mais en commençant par le chapitre 37 (le premier de la suite écrite par la Baronne, vous suivez?) et en se sentant très libre (comme la Baronne!) dans son adaptation. De la matière première, il va garder la situation de base (une famille suisse doit survivre sur une île lointaine suite à un naufrage) et le charme un peu suranné des histoires d'aventure à l'ancienne; mais Baladi va surtout malaxer, transformer, trahir et transcender cette matière pour en faire une bande dessinée à la portée évidemment politique. Il faut le préciser, la paisible famille suisse craint une confrontation avec de terribles sauvages qui semblent rôder, des sauvages que certaines caricatures montrent menaçants et dangereusement enturbannés...Au niveau graphique, Baladi s'est surpassé et propose un travail en couleur rare, mélange de découpages et de couleurs directes, et réalise ainsi certaines de ses plus pages. Le livre sortira peu avant le festival BDFIL, dont Baladi est cette année l'invité d'honneur (succédant entre autres à Zep, Blutch, Frederik Peeters, Anna Sommer, etc.).